Jean-Sébastien Bach
Suivez les pas du plus grand compositeur baroque à travers l'Allemagne du XVIIIe siècle. Cours de princes, orgues d'église et fugues vertigineuses vous attendent.
Carte du parcours
Étapes du parcours
- 1
Eisenach, Le berceau d'un génie
Johann Sebastian Bach naît le 21 mars 1685 à Eisenach, en Thuringe, dans une famille où la musique coule littéralement dans les veines. Les Bach sont musiciens depuis des générations : oncles, cousins, frères, la famille entière forme une véritable dynastie musicale reconnue dans toute la région. Orphelin à 9 ans, le jeune Johann Sebastian est recueilli par son frère aîné Johann Christoph, organiste à Ohrdruf, qui lui enseigne le clavier. Eisenach est aussi la ville de Martin Luther et du château de la Wartburg, Bach grandit donc dans un berceau profondément luthérien, ce qui marquera toute son œuvre sacrée.
- 2
Weimar, L'organiste du duc
En 1708, Bach entre au service du duc Wilhelm Ernst de Weimar comme organiste et musicien de cour. C'est une période d'intense créativité : il y compose certaines de ses plus belles œuvres pour orgue, dont la célèbre Toccata et Fugue en ré mineur, et découvre les concertos italiens de Vivaldi qu'il transcrit avec admiration. Mais les relations avec son employeur se détériorent rapidement. Quand Bach demande à quitter son poste en 1717 pour rejoindre Köthen, le duc le fait emprisonner pendant un mois pour « insolence obstinée » ! Bach finit par être libéré et congédié, une fin humiliante pour celui qui deviendra l'un des plus grands génies de l'histoire.
- 3
Köthen, Les Concertos Brandebourgeois
De 1717 à 1723, Bach est Kapellmeister à la cour du prince Léopold d'Anhalt-Köthen, un mélomane passionné qui adore son musicien et le traite presque en ami. C'est la période la plus heureuse et la plus prolifique de la vie de Bach : il compose les Concertos Brandebourgeois, les Suites pour violoncelle seul, les Partitas pour violon, et le premier volume du Clavier bien tempéré. Les Concertos Brandebourgeois sont dédiés au margrave de Brandebourg-Schwedt, qui ne les a vraisemblablement jamais joués ni même écoutés attentivement. Ironie de l'histoire : ces six chefs-d'œuvre furent retrouvés dans ses archives après sa mort, pratiquement inconnus.
- 4
Leipzig, Le Cantor de Saint-Thomas
En 1723, Bach prend le poste de Cantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig, un emploi prestigieux mais épuisant. Il doit composer et diriger une cantate nouvelle chaque semaine pour les offices luthériens, superviser l'enseignement musical de l'école, et gérer une administration tatillonne qui le harcèle constamment. En cinq ans, il produit trois cycles complets de cantates (chaque cycle couvrant l'année liturgique entière), soit plus de 150 cantates, sans compter la Passion selon saint Matthieu, la Messe en si mineur et l'Oratorio de Noël. Malgré ce génie universel, le Conseil municipal de Leipzig le considère comme un deuxième choix : le poste avait d'abord été proposé à Telemann et à Graupner, tous deux déclinés.
- 5
La Passion selon saint Matthieu
Créée le Vendredi Saint 1729 à Leipzig (la date exacte fut longtemps débattue, 1727 ou 1729, les musicologues s'accordent aujourd'hui sur 1729), la Passion selon saint Matthieu est considérée comme l'une des œuvres les plus grandioses de toute l'histoire de la musique. Elle mobilise deux orchestres, deux chœurs, deux orgues et de nombreux solistes pour raconter les dernières heures du Christ selon l'Évangile de Matthieu. Après la mort de Bach, l'œuvre tomba dans l'oubli. C'est le jeune Felix Mendelssohn qui la ressuscita en 1829, à Berlin, lors d'une représentation historique, il avait 20 ans. Ce concert marqua la naissance de ce qu'on appelle aujourd'hui le « revival Bach ».
- 6
Potsdam, L'Offrande musicale
En mai 1747, le vieux Bach fait le voyage jusqu'à Potsdam pour rendre visite à son fils Carl Philipp Emanuel, qui y est musicien à la cour du roi Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand. Le roi, lui-même flûtiste passionné, soumet au visiteur un thème musical difficile en lui demandant d'improviser une fugue dessus. Bach s'exécute brillamment sur-le-champ. De retour à Leipzig, il développe ce thème en une collection d'œuvres contrapuntiques qu'il envoie au roi sous le titre L'Offrande musicale. Frédéric le Grand ne lui répondit jamais.
- 7
Leipzig, L'Art de la Fugue
Dans les dernières années de sa vie, Bach travaille à une œuvre monumentale et mystérieuse : L'Art de la Fugue. Ce recueil explore toutes les possibilités du contrepoint à partir d'un seul thème simple, comme un testament musical adressé à l'éternité. Bach meurt le 28 juillet 1750, laissant l'œuvre inachevée : la dernière fugue s'interrompt au moment où il intègre les notes B-A-C-H (si bémol–la–do–si naturel en notation allemande) comme signature cachée. Il perd la vue au cours des derniers mois, peut-être victime de complications suite à une opération hasardeuse du chirurgien oculaire John Taylor, le même qui avait rendu Haendel aveugle. Bach est enterré à Leipzig, à l'église Saint-Thomas, où ses restes reposent toujours.
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