ParcoursNicaragua, terre de feu et de mots
Nicaragua, terre de feu et de mots

Nicaragua, terre de feu et de mots

Volcanismela voixRévolutionAmérique centralele feu
Mode virtuel7 étapes

Entre volcans actifs et révolutions poétiques, le Nicaragua est un pays qui ne laisse jamais indifférent. Partez à la découverte d'une nation aux mille visages, bercée par les lacs, les légendes et les luttes.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Managua, la capitale fragile

    Managua est la capitale du Nicaragua depuis 1852, mais c'est une ville qui a dû se reconstruire plusieurs fois. En 1972, un tremblement de terre dévastateur rasa une grande partie du centre-ville en quelques secondes, faisant plus de dix mille morts. Aujourd'hui encore, Managua n'a pas de centre-ville traditionnel : les habitants circulent d'un quartier à l'autre sans vrai cœur urbain, ce qui lui donne une atmosphère particulièrement unique. Installée sur les rives du lac Managua (aussi appelé Xolotlán), la ville est également menacée par le volcan Momotombo visible à l'horizon, comme un rappel permanent que la nature dicte ici ses propres règles. Avec près d'un million et demi d'habitants, c'est la ville la plus peuplée du pays et le centre politique, économique et culturel du Nicaragua.

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    Rubén Darío, le prince des poètes

    Félix Rubén García Sarmiento, dit Rubén Darío, est né en 1867 à Metapa, un village du Nicaragua aujourd'hui rebaptisé en son honneur Ciudad Darío. Il est considéré comme le père du mouvement littéraire appelé le modernisme hispano-américain, qui a radicalement renouvelé la poésie en langue espagnole à la fin du XIXe siècle. Darío a voyagé toute sa vie : Chili, Argentine, Espagne, France, où il côtoya les grands symbolistes comme Paul Verlaine et Stéphane Mallarmé. Son recueil "Azul..." publié en 1888 fit l'effet d'une bombe dans le monde littéraire : une langue nouvelle, musicale, imagée, libérée des contraintes académiques. Il mourut à León en 1916 et y est enterré dans la cathédrale, devenant pour toujours le symbole de la fierté culturelle nicaraguayenne.

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    La révolution sandiniste

    En juillet 1979, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) renversa la dictature de la famille Somoza, qui régnait sur le Nicaragua depuis 1936. Le mouvement portait le nom d'Augusto César Sandino, un général nicaraguayen qui avait résisté à l'occupation américaine dans les années 1920 et 1930, avant d'être assassiné en 1934. La révolution sandiniste suscita un immense espoir en Amérique latine : alphabétisation massive, réforme agraire, accès aux soins, le gouvernement lança des programmes ambitieux. Mais la guerre des Contras, financée par les États-Unis sous Reagan, plongea le pays dans un conflit dévastateur tout au long des années 1980. En 1990, le chef sandiniste Daniel Ortega perdit les élections présidentielles, dans ce qui fut salué comme une transition démocratique historique, avant de revenir au pouvoir en 2007.

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    Le lac Nicaragua, mer intérieure

    Le lac Nicaragua, aussi appelé Cocibolca en langue indigène, est le plus grand lac d'Amérique centrale avec ses 8 264 kilomètres carrés. Il est si vaste que les conquistadors espagnols l'avaient surnommé "mar dulce" (mer douce) lorsqu'ils le découvrirent au XVIe siècle. Ce qui rend ce lac absolument unique, c'est qu'il abrite des espèces de requins d'eau douce, les requins-taureaux (Carcharhinus leucas), qui ont su s'adapter à l'eau douce en remontant le fleuve San Juan depuis l'océan Atlantique. Au cœur du lac se trouve l'île d'Ometepe, formée par deux volcans jumeaux émergeant des eaux : Concepción et Maderas. Cette île est habitée depuis plus de trois mille ans. Depuis le XIXe siècle, des projets de canal traversant le lac pour relier l'Atlantique au Pacifique ont régulièrement refait surface, faisant du Cocibolca un enjeu géopolitique majeur.

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    Granada, la ville coloniale

    Granada est considérée comme l'une des plus anciennes villes européennes fondées en Amérique continentale, établie en 1524 par le conquistador Francisco Hernández de Córdoba. Située au bord du lac Nicaragua, elle a conservé un centre historique remarquablement intact, avec ses maisons aux façades colorées, ses patios ombragés et sa cathédrale jaune devenue l'emblème de la ville. Granada fut longtemps la ville la plus riche du Nicaragua, carrefour commercial entre les deux océans grâce au fleuve San Juan, ce qui en fit aussi une cible de choix pour les pirates qui remontaient les voies d'eau depuis l'Atlantique. En 1856, l'aventurier américain William Walker, qui s'était autoproclamé président du Nicaragua, incendia une grande partie de la ville avant d'être chassé. Il laissa une pancarte plantée dans les ruines : "Here was Granada" (Ici était Granada). Aujourd'hui, Granada est un joyau touristique qui mêle architecture coloniale, marchés animés et accès direct aux îlots du lac Cocibolca.

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    Les volcans du pacifique

    Le Nicaragua est surnommé "la terre des lacs et des volcans", et pour cause : le pays compte une quarantaine de volcans, dont une vingtaine sont encore actifs. Ils s'alignent le long de la côte Pacifique comme une chaîne de gardiens endormis (ou pas tout à fait), allant du Cosigüina au nord jusqu'au Concepción au sud. Le volcan Masaya est l'un des rares volcans au monde dont on peut observer la lave en fusion depuis le bord du cratère, à bord d'un véhicule. Les conquistadors espagnols le baptisèrent "Boca del Infierno" (Bouche de l'Enfer). Le volcan Cerro Negro, lui, est né en 1850, ce qui en fait l'un des volcans les plus jeunes de l'hémisphère occidental. Il est aujourd'hui célèbre pour une activité insolite : le "volcano boarding", ou descente de volcan sur une planche, une sorte de luge de cendres à grande vitesse. Ces volcans sont à la fois une menace permanente et une richesse : leurs sols fertilisés par les cendres produisent l'un des meilleurs cafés d'Amérique centrale.

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    La côte Caraïbe, l'autre Nicaragua

    La côte Caraïbe du Nicaragua, aussi appelée "Côte des Mosquitos", est un monde à part : isolée du reste du pays par une jungle dense, elle n'a été intégrée au Nicaragua qu'en 1894. Ses habitants sont principalement des Misquitos, des Créoles anglophones, des Garífunas et d'autres peuples indigènes qui ont maintenu leurs langues, leurs croyances et leurs modes de vie face à toutes les tentatives de centralisation culturelle. Pendant des siècles, cette côte fut sous influence britannique. Les Britanniques s'y allièrent avec le peuple Misquito pour contrer les ambitions espagnoles en Amérique centrale, faisant de la région un protectorat de facto. La ville de Bluefields, principal port de la côte Caraïbe, est célèbre pour sa culture musicale : le palo de mayo, un festival de danse et de musique aux racines africaines et caribéennes, y est célébré chaque mai avec une ferveur extraordinaire. Aujourd'hui, la côte Caraïbe bénéficie d'un statut d'autonomie régionale, reconnaissance tardive mais symboliquement importante de la diversité du Nicaragua.

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En quelle année le Front sandiniste renversa-t-il la dictature Somoza au Nicaragua ?

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