
Saint-Sébastien : la mémoire du Douet
Carte du parcours
Étapes du parcours
- 1
La place des Libertés
Vous êtes sur la place des Libertés, au cœur du Douet, le plus gros des anciens villages de Saint-Sébastien. Un bâtiment attire le regard : la maison du Douet, une ancienne maison de maître devenue hôtel d'entreprises. Douet, en vieux français, désigne le lavoir, la source, l'eau : le ruisseau qui a baptisé le village coule toujours sous le quartier. Le kiosque de la place a la forme d'un arbre, en souvenir du parc de cette maison de maître, qui s'étendait ici.
- 2
Le chemin du Colombage
Engagez-vous dans le chemin du Colombage, une ruelle en retrait. La maison à pans de bois qui lui donne son nom témoigne d'une manière de construire venue du Moyen Âge, qui a perduré jusqu'au XVIIIe siècle. Cet ancien relais de chasse est peut-être la plus vieille maison de Saint-Sébastien. Sa voisine cache un autre indice : une maison à belvédère, coiffée d'un petit poste d'observation. Qu'y guettait-on ? Des navires sur la Loire, disent les uns ; le ciel et les étoiles, disent les autres : le débat n'est pas tranché. Un observatoire dont on a oublié ce qu'il observait : le Douet sait garder ses secrets.
- 3
Les maraîchers de la Chesnaye
Vous voilà rue de la Chesnaye, au pays des jardins. Pendant des générations, les maraîchers de Saint-Sébastien ont nourri Nantes : la terre légère déposée par la Loire fait pousser les légumes plus vite qu'ailleurs. Chaque matin, carottes, poireaux et mâche partaient remplir les paniers des marchés de la ville. La tradition respire encore : tout près d'ici, un grand champ est cultivé pour les Restos du Cœur.
- 4
La voyette
Vous marchez dans une voyette : un sentier de village, taillé pour les piétons et les brouettes. Elle se faufile entre les jardins, à l'abri des murets. Les voitures n'y entrent pas, et la plupart des cartes l'ignorent. Ces raccourcis maillaient tout le village : on y filait au puits, au four ou au lavoir sans passer par la route. Vous en emprunterez d'autres avant la fin du parcours.
- 5
L'Oratoire
Ici se dresse un sanctuaire aux allures de petite chapelle : l'Oratoire, dédié à Notre Dame de Toutes Grâces. En 1856, une épidémie de morts subites frappait le Douet. Les habitants firent un vœu : si le mal cessait, ils élèveraient un monument à la Vierge et viendraient en procession une fois l'an. Le mal cessa, l'Oratoire fut bâti, et la promesse fut tenue chaque année jusqu'en 1954. Avant de repartir, remontez la rue sur quelques mètres, vous verrez deux belles demeures se faire face, la maison Sauzaies-Rivière, bâtie vers 1680, et le château Viaud, élevé en 1876.
- 6
La sente des Pensées
Vous quittez le goudron pour une sente qui grimpe entre les jardins, du côté de la rue des Pensées. Vous marchez à contre-courant : l'eau du ruisseau, elle, filait dans l'autre sens, vers la Loire. Le ruisseau du Douet coulait en contrebas, du côté de Villeneuve. C'est là que se tenait le bouilleur de cru, qui distillait l'eau-de-vie des récoltes du village. Encore quelques pas et vous atteindrez les hameaux qui vivaient de cette eau.
- 7
Bel-Air
Vous voici sur la rue de Villeneuve, un des trois hameaux qui ont agrandi le village, avec la Gagnerie et la Gendronnière. Le lieu-dit s'appelle Bel-Air : c'était l'un des trois lieux de battage du Douet. Après la moisson, on y battait les épis au fléau pour séparer le grain de la paille. Il fallait un sol dur, du vent et de la place : les aires de battage occupaient les endroits dégagés. Levez les yeux : un grand cyprès de Lambert domine les environs, un arbre venu de très loin, vous allez découvrir d'où.
- 8
La rue de la Bouline
La rue de la Bouline doit son nom au vieux verbe bouliner : dégringoler, rouler. C'est exactement ce que faisait le ruisseau du Douet, qui arrivait au village par ici. Vous ne le verrez pas : jugé trop insalubre, il a été busé en 1909, enfermé dans une canalisation. Il coule pourtant toujours, quelque part sous vos pieds. Si vous êtes en géolocalisation, prenez le passage de la photo, il n'est pas répertorié par le calcul d'itinéraire.
- 9
La Gendronnière
Vous voici à la Gendronnière, le hameau qui a donné son nom à la rue. La Gendronnière, c'est la terre donnée en dot à la fille de la famille pour son mariage, et exploitée par le gendre. Les maisons autour de vous comptent souvent deux siècles d'existence. Le hameau a conservé un puits, aujourd'hui rénové : cherchez-le du regard. Un puits, un four, une aire de battage : chaque îlot du village s'est construit autour de ses équipements partagés.
- 10
La Gagnerie et L'Écho
Vous voilà à la Gagnerie, au bout de la rue des Courtils : les courtils, ce sont les petits jardins potagers attenants aux maisons. La Gagnerie, elle, tire son nom du gagnage : le lieu de pâture, là où le gibier vient chercher sa nourriture. Tout près se tenait le café-restaurant L'Écho : bals, banquets, mariages, concerts et même bureau de vote, c'était le rendez-vous du village.
- 11
La ruelle de la Gagnerie
Glissez-vous dans la ruelle de la Gagnerie, un passage qui vous fera sentir comme sur une île. Vous y passerez à côté du puits du hameau, près duquel se trouvait le four. En repartant vers la Joliverie, ouvrez l'œil : vous passerez devant la belle demeure de la Gagnerie, bâtie au début du XIXe siècle au bord de la rue Alexandre Fourny.
- 12
La Joliverie
Vous longez le nord du domaine de la Joliverie, aujourd'hui un grand lycée. Son nom d'Ancien Régime, la Joliverie ou Jolivry, signifie « joli marécage ». Dès 1780 s'y dressait une demeure dite « Le Pavillon », rasée au milieu du XXe siècle. Elle appartenait à la famille de Boussineau, dont Louis Étienne, dernier Sieur de la Joliverie, fut fusillé en 1793. Des milliers d'élèves apprennent aujourd'hui un métier sur ce qui fut un joli marécage.
- 13
Le trésor de 1903
Vous voilà presque de retour à votre point de départ, où un trésor fut découvert. Le 5 mai 1903, un maçon qui démolissait un vieux mur y découvrit 266 pièces de monnaie anciennes, cachées depuis longtemps. Le Douet est décidément le pays des choses invisibles : même ses murs avaient des secrets.
- 14
La maison à tourelle
Levez les yeux : une tourelle coiffe cette maison, comme un petit poste de guet posé sur le toit. C'est la cousine de la maison à belvédère du chemin du Colombage : à Saint-Sébastien, on a longtemps construit pour voir loin. Ce qu'on guettait depuis ces perchoirs, personne ne le sait plus vraiment. La résidence voisine, elle, s'est trouvé un nom de voyage : Donostia, le nom basque de San Sebastián, l'autre ville de saint Sébastien.
- 15
Les lavandières du Douet
Terminez par la rue Édouard Hervé : sur un pignon de l'école élémentaire du Douet, une grande fresque met en scène des femmes penchées sur leur linge. Inaugurée le 21 février 2014, elle rend hommage au métier qui a fait la réputation du village : lavandière. Au XIXe et au début du XXe siècle, une vingtaine de femmes lavaient ici le linge des familles, entre les lavoirs du ruisseau et la Loire. On les surnommait les poules d'eau. Le ruisseau a disparu sous le bitume, les lavoirs se sont tus, mais leurs visages sont maintenant sur un mur d'école.
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