ParcoursMarie de Médicis, reine de deux mondes
Marie de Médicis, reine de deux mondes

Marie de Médicis, reine de deux mondes

XVIIe sièclele doubleRoyauté françaiseexilMécénatFemmes de pouvoirRenaissance
Mode virtuel7 étapes

De Florence à Paris, suivez le destin flamboyant d'une femme de pouvoir. Entre art, politique et exil, Marie de Médicis a marqué l'histoire de France à jamais.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Florence, l'enfance des Médicis

    Marie de Médicis naît le 26 avril 1575 à Florence, au sein de la famille la plus puissante d'Italie. Son père François Ier de Médicis est Grand-Duc de Toscane, et sa mère Jeanne d'Autriche lui transmet un sang impérial. Florence, à cette époque, est le centre vibrant de la Renaissance : art, science et politique s'y mêlent dans une danse perpétuelle. Marie grandit entourée de chefs-d'œuvre, formée aux intrigues de cour et consciente que son destin serait réglé par une alliance diplomatique. Lorsqu'elle perd ses parents très jeune, c'est son oncle Ferdinand Ier qui prend en charge son avenir, et surtout son mariage.

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    Paris, un mariage par procuration

    En 1600, Marie de Médicis épouse Henri IV de France, mais pas en sa présence : le mariage est célébré par procuration à Florence le 5 octobre, le roi étant représenté par un cousin. Cette pratique, courante chez les grandes dynasties, permettait de sceller une alliance sans attendre des semaines de voyage. La dot de Marie est astronomique : 600 000 écus d'or, destinés en partie à rembourser les dettes considérables du royaume de France. Elle débarque à Marseille en novembre 1600 et rencontre Henri IV pour la première fois à Lyon, où la cérémonie est renouvelée en bonne et due forme. Leur première nuit est décrite dans les mémoires de l'époque comme un moment de satisfaction réciproque, le roi ayant montré un enthousiasme peu dissimulé pour sa nouvelle épouse.

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    Le Louvre, régente de France

    Le 14 mai 1610, Henri IV est assassiné par Ravaillac dans sa carrosse, à Paris. La veille, Marie avait été couronnée reine de France à Saint-Denis, comme si le destin avait voulu qu'elle soit prête. Leur fils Louis XIII n'a que neuf ans : Marie de Médicis devient régente, exerçant le pouvoir au nom du jeune roi. Elle s'entoure de ses fidèles italiens, notamment Concino Concini et son épouse Leonora Galigaï, ce qui lui vaut une impopularité croissante à la cour. Cette période de régence dure officiellement jusqu'en 1614, mais Marie peine à lâcher les rênes du pouvoir, semant les graines d'un conflit dramatique avec son propre fils.

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    Le palais du Luxembourg, son chef-d'œuvre

    Après avoir été écartée du pouvoir par son fils Louis XIII en 1617, Marie de Médicis entreprend la construction de son propre palais à Paris : le palais du Luxembourg. Elle souhaite un bâtiment qui lui rappelle les palais florentins de son enfance, notamment le Palazzo Pitti. Mais son ambition va plus loin : elle commande à Pierre Paul Rubens un cycle de vingt-quatre toiles monumentales racontant sa propre vie, une autobiographie peinte d'une ampleur jamais vue. Ce cycle, connu sous le nom de la 'Galerie Médicis', est aujourd'hui conservé au musée du Louvre et constitue l'un des ensembles picturaux les plus ambitieux de l'histoire de l'art occidental. Rubens travaille pendant quatre ans à cette commande pharaonique, représentant Marie en déesse, en mère aimante et en souveraine triomphante.

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    Blois, la rupture avec Louis XIII

    Les relations entre Marie de Médicis et son fils Louis XIII se détériorent dangereusement à partir de 1617, lorsque le roi fait assassiner Concino Concini, le favori de sa mère. Léonora Galigaï, la femme de Concini et amie d'enfance de Marie, est arrêtée, jugée pour sorcellerie et décapitée : un coup dévastateur pour la reine mère. Marie est assignée à résidence au château de Blois, belle prison dorée depuis laquelle elle tente de reconstituer une cour et des alliances. En 1619, elle s'évade spectaculairement du château, descendant par une fenêtre à l'aide d'une échelle de corde en pleine nuit. Cette évasion déclenche une brève guerre civile, la 'guerre de la Mère et du Fils', qui se conclut par une réconciliation de façade négociée par un certain Armand de Richelieu.

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    Bruxelles, l'exil de la reine

    La 'journée des Dupes' du 11 novembre 1630 marque la fin définitive de Marie de Médicis en France. Elle pensait avoir convaincu Louis XIII de renvoyer Richelieu : le roi sembla d'abord lui donner raison, et les courtisans se précipitèrent pour féliciter la reine mère de sa victoire. Mais Louis XIII retourna voir Richelieu le soir même et lui confirma tout son soutien. Marie est définitivement écartée du pouvoir et doit quitter la France. Elle trouve refuge dans les Pays-Bas espagnols, à Bruxelles, sous la protection des Habsbourg. Elle ne reverra jamais la France, errant de cour en cour en Europe, cherchant en vain des alliés pour reconquérir son influence.

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    Cologne, la fin d'une reine

    Marie de Médicis meurt le 3 juillet 1642 à Cologne, dans la maison d'un peintre qu'elle avait autrefois protégé, presque oubliée de l'Europe qu'elle avait tant influencée. La reine qui avait apporté 600 000 écus d'or en dot finit ses jours dans un dénuement proche de la misère, ayant dilapidé ou perdu toutes ses ressources au fil de ses années d'errance. Son ennemi Richelieu la précède de quelques mois dans la mort, en décembre 1642, suivi de Louis XIII en mai 1643. Marie fut enterrée à Cologne, mais ses restes furent finalement transférés à Saint-Denis, nécropole des rois de France, où elle reposa aux côtés d'Henri IV. Son héritage, cependant, survit dans les jardins du Luxembourg à Paris, dans les vingt-quatre toiles de Rubens, et dans le visage architectural d'une capitale qu'elle contribua à embellir.

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