République centrafricaine
Au cœur de l'Afrique, un pays méconnu cache une histoire fascinante, une biodiversité exceptionnelle et une culture d'une richesse insoupçonnée. Partez à la découverte de la République centrafricaine, loin des clichés.
Carte du parcours
Étapes du parcours
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Bangui, la capitale sur le fleuve
Bangui, capitale de la République centrafricaine, est fondée en 1889 par les Français sur la rive nord de l'Oubangui, le grand fleuve qui marque la frontière avec la République démocratique du Congo. Son nom vient du mot sango « bangui », qui signifie « les rapides », en référence aux chutes d'eau qui marquent le cours du fleuve à cet endroit. Avec environ un million d'habitants, elle concentre à elle seule une grande partie de la population urbaine du pays. En face, de l'autre côté du fleuve, on aperçoit Zongo, ville congolaise : deux capitales continentales séparées par seulement quelques centaines de mètres d'eau, un cas unique au monde avec Brazzaville et Kinshasa.
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L'empire Zandé et les royaumes précoloniaux
Bien avant l'arrivée des Européens, le territoire de l'actuelle République centrafricaine était le théâtre de royaumes et d'empires puissants. Le peuple Zandé, installé au sud-est, avait bâti un empire organisé sous l'autorité de chefs guerriers appelés « avongara ». Plus à l'ouest, le sultanat de Bangassou et le royaume Nzakara témoignaient d'une organisation politique sophistiquée, avec des cours royales, des routes commerciales et des artisanats raffinés. Ces sociétés entretenaient des échanges avec les régions sahéliennes et le bassin du Congo, faisant du territoire un véritable carrefour de l'Afrique centrale.
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La colonisation et l'Oubangui-Chari
À la fin du XIXe siècle, la France s'empare du territoire et crée en 1894 le territoire de l'Oubangui-Chari, du nom des deux fleuves qui le bordent. Cette colonisation est parmi les plus brutales d'Afrique centrale : des compagnies concessionnaires privées obtiennent le droit d'exploiter les ressources naturelles et les populations locales par le travail forcé. Le régime du portage oblige des milliers d'hommes à transporter des marchandises sur des centaines de kilomètres dans des conditions mortelles. L'écrivain André Gide dénonce ces abus dans son célèbre « Voyage au Congo » publié en 1927, l'un des premiers témoignages d'un intellectuel français sur les crimes du colonialisme en Afrique équatoriale.
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Barthélemy Boganda, père de la nation
Barthélemy Boganda est la figure tutélaire de la République centrafricaine. Né vers 1910 dans une famille de paysans, il devient le premier prêtre catholique ordonné d'Oubangui-Chari, avant de se lancer en politique. Élu à l'Assemblée nationale française en 1946, il combat inlassablement pour la dignité des populations colonisées et rêve d'une grande fédération africaine qu'il appelle les « États-Unis d'Afrique latine ». Il proclame la République centrafricaine le 1er décembre 1958 et en devient le premier chef du gouvernement, mais disparaît tragiquement dans un mystérieux accident d'avion le 29 mars 1959, quelques mois seulement avant l'indépendance officielle.
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Jean-Bédel Bokassa, l'Empereur autoproclamé
Jean-Bédel Bokassa prend le pouvoir par un coup d'État en 1966 et dirige la République centrafricaine d'une main de fer pendant treize ans. En 1976, il rebaptise le pays « Empire centrafricain » et se fait couronner Empereur en décembre 1977 lors d'une cérémonie fastueuse dont le coût dépasse 30 millions de dollars, soit l'équivalent d'une année entière de budget national. Le monde entier est stupéfait : Bokassa s'inspire explicitement du sacre de Napoléon Ier et se fait confectionner un trône en forme d'aigle géant. Son régime prend fin en 1979 après le massacre d'écoliers qui refusaient de porter l'uniforme scolaire vendu par une entreprise qu'il possédait lui-même : la France intervient militairement et le renverse.
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Dzanga-Sangha, forêt des éléphants
Au sud-ouest de la République centrafricaine, la réserve de Dzanga-Sangha abrite l'une des forêts tropicales les mieux préservées d'Afrique centrale. C'est ici que vit l'une des plus importantes populations d'éléphants de forêt d'Afrique, une sous-espèce plus petite et plus timide que l'éléphant de savane, mais tout aussi majestueuse. La clairière de Dzanga, surnommée « la cathédrale de la forêt », est un point d'eau minérale naturel où se rassemblent chaque jour des dizaines d'éléphants que les chercheurs observent depuis une tour en bois. Le parc accueille également les derniers gorilles de plaine de l'ouest et les mystérieux bongos, des antilopes géantes aux rayures dorées presque impossibles à observer dans la nature.
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Les pétroglyphes de Lengo
Au nord-ouest du pays, dans la région de Bouar, se trouvent les pétroglyphes de Lengo et les mystérieux mégalithes appelés « tazunu », des stèles de pierre dressées dont certaines datent de plus de 3 000 ans. Ces pierres levées, parfois ornées de gravures géométriques, témoignent d'une présence humaine et d'une organisation sociale complexe bien avant l'arrivée des premiers États documentés. Les archéologues qui les ont étudiés depuis les années 1960 peinent encore à en percer tous les mystères : usage rituel, funéraire, astronomique ? Les hypothèses se multiplient. Ces sites, peu connus du grand public mondial, font de la République centrafricaine un terrain archéologique majeur de l'Afrique centrale, encore largement inexploré.
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