ParcoursTaj Mahal : l'amour gravé dans le marbre
Taj Mahal : l'amour gravé dans le marbre

Taj Mahal : l'amour gravé dans le marbre

l'ailleurs caché dans le chef-d'œuvre
Mode virtuel7 étapes

Un empereur, une reine, et un monument qui défie le temps. Partez sur les traces du Taj Mahal, de sa conception à sa légende mondiale.

Carte du parcours

Étapes du parcours

  1. 1

    La reine bien-aimée

    Ni automobile, ni radio, ni ampoule : ces trois scènes se passent il y a quatre siècles. Leur héroïne vient d'une famille noble d'origine persane. Elle s'appelle Arjumand Banu Begum. En 1612, à Agra, elle épouse le prince Khurram, le futur empereur Shah Jahan. Il lui donne un titre, Mumtaz Mahal : la merveille du palais. Elle devient sa favorite. Elle le suit partout, dans ses voyages comme dans ses campagnes militaires. Le 17 juin 1631, en pleine campagne dans le Deccan, elle meurt à Burhanpur en mettant au monde leur quatorzième enfant. La légende dit que, mourante, elle demanda à Shah Jahan un tombeau digne de leur amour. Promesse ou non, l'empereur va ouvrir le plus grand chantier de son règne.

  2. 2

    Shah Jahan, l'architecte d'un deuil

    1631 : Paris lit sa première gazette, le Vésuve gronde au-dessus de Naples, et en Inde, Shah Jahan pleure sa reine. Il est le cinquième empereur moghol, et son nom veut dire le roi du monde. La mort de Mumtaz le brise. Selon les chroniqueurs, il porte le deuil à l'écart pendant un an. Quand il reparaît, ses cheveux ont blanchi et son dos s'est voûté. Puis il tient parole. Pour le tombeau, il fait venir des maîtres de très loin : des sculpteurs de Boukhara, en Asie centrale, des calligraphes de Syrie et de Perse. Shah Jahan est un grand bâtisseur. On lui doit aussi, à Delhi, le Fort Rouge et la grande mosquée Jama Masjid. Mais le Taj Mahal reste son chef-d'œuvre, et son deuil de pierre.

  3. 3

    Le chantier du siècle à Agra

    Plus de mille éléphants, plus de vingt mille ouvriers, artisans et peintres : le chantier du Taj Mahal s'ouvre en 1632 à Agra. Le mausolée est achevé en 1648, et tout l'ensemble vers 1653. Le marbre blanc vient des carrières de Makrana, au Rajasthan. Il voyage sur quelque 400 kilomètres jusqu'à Agra, en char à bœufs ou à dos d'éléphant. Dans ce marbre, on incruste des pierres venues de loin : la turquoise et la malachite du Tibet, le corail de la mer Rouge. L'architecte principal serait Ustad Ahmad Lahauri, de Lahore. Une légende tenace veut que l'empereur ait fait couper les mains des artisans, pour qu'ils ne bâtissent jamais rien d'aussi beau. Aucune source ne l'appuie : c'est un conte, pas un fait.

  4. 4

    Un jardin, un bassin, une symétrie parfaite

    Des minarets qui penchent exprès, un bâtiment qui ne sert à rien : au Taj Mahal, tout compte. Face à la mosquée de grès rouge se dresse son jumeau, le jawab, la réponse. Son seul rôle : la symétrie. Le jardin, le charbagh, est coupé en quatre par des canaux, comme le paradis par ses quatre fleuves. Au centre, un bassin de marbre, et dans l'eau calme, le reflet du tombeau. Les quatre minarets penchent un peu vers l'extérieur. C'est voulu : s'ils s'effondraient, lors d'un séisme par exemple, ils tomberaient loin du tombeau. Et le Taj noir ? Le voyageur Tavernier raconte que Shah Jahan rêvait d'un jumeau de marbre noir, sur l'autre rive. C'est une légende : les fouilles n'y ont trouvé que des pierres blanches noircies.

  5. 5

    Shah Jahan prisonnier de son chef-d'œuvre

    Aurangzeb, Jahanara, le fort d'Agra : voici les trois figures de la fin. Dans la guerre entre les fils de Shah Jahan, Aurangzeb l'emporte, et fait exécuter ses frères. Il fait enfermer son père au fort d'Agra, à deux pas du Taj Mahal. Sa sœur Jahanara partage la captivité du vieil empereur, et le soigne pendant huit ans. Shah Jahan meurt en 1666. La tradition veut qu'il soit mort en regardant le Taj Mahal, depuis la tour de marbre où il vivait enfermé. Une barque emporte son corps jusqu'au tombeau. Il repose près de Mumtaz, sous le grand dôme. Son cénotaphe, posé à côté du sien, rompt la symétrie parfaite du monument.

  6. 6

    Le Taj Mahal menacé par la pollution

    1983 : le Taj Mahal entre au patrimoine mondial de l'UNESCO. En 2024, près de sept millions de touristes le visitent. Mais le monument souffre, et deux menaces pèsent sur lui. La première se voit : la pollution d'Agra fait virer son marbre blanc au jaune, puis au brun. Pour le nettoyer, on l'enduit d'argile, la multani mitti, qui sèche et emporte la saleté. La seconde est cachée. Le Taj Mahal repose sur des pilotis en acajou, plongés dans des puits nourris par la Yamuna. Quand la rivière baisse, le bois s'assèche et devient cassant. La Cour suprême de l'Inde a imposé des règles strictes contre la pollution autour du monument. Le Taj Mahal est devenu un symbole : un trésor à défendre face aux usines.

  7. 7

    Le Taj Mahal dans l'imaginaire mondial

    Le Colisée, le Machu Picchu, le Christ de Rio : en 2007, le Taj Mahal rejoint ces monuments parmi les sept nouvelles merveilles du monde, élues par un vote populaire. Voyageurs, peintres, puis photographes le font connaître en Europe. En Inde, le poète Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature, y voit une larme sur la joue du temps. Son image est si forte qu'on le copie. Au Bangladesh, un cinéaste en fait bâtir une réplique. En Chine, à Shenzhen, un parc en montre une version miniature. Un petit-fils de Shah Jahan, fils d'Aurangzeb, en élève même un écho pour sa mère : le Bibi Ka Maqbara d'Aurangabad. La promesse gravée dans le marbre a fait le tour du monde.

Badge à gagner

Architecture

Inde

Patrimoine mondial de l'UNESCO

Asie

Asie du Sud

XVIIe siècle

Perle temporelle

En quelle année débuta la construction du Taj Mahal ?

Réponse à découvrir dans l'application

Jouez ce parcours dans l'application

Télécharger Ker