Debussy à Paris
Carte du parcours
Étapes du parcours
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Le Conservatoire - Mon École de la Rébellion
« Le Conservatoire de Paris. J'y suis entré à dix ans, en 1872, après que Madame Mauté de Fleurville m'eut préparé. À l'époque, il était encore rue Bergère, dans l'hôtel des Menus-Plaisirs. Il a déménagé en 1911 rue de Madrid puis en 1990 à la Villette (vous pourrez en savoir plus sur son histoire en cliquant sur le lien "en savoir plus" ici ou une fois le parcours fini). Mes années au Conservatoire furent... tumultueuses. J'étais doué, certes. En piano, j'ai étudié avec Antoine Marmontel. En composition, Ernest Guiraud m'a laissé expérimenter. Mais je détestais les règles ! 'Quintes parallèles interdites ! Modulations incorrectes ! On ne peut pas faire ça, Debussy !' Quelle barbe ! Un jour, jouant des accords étranges au piano, le professeur s'exclama : 'Qu'est-ce que c'est que ça ?' J'ai répondu : 'Une musique qui me plaît.' Il a dit : 'Où voulez-vous aller avec cette musique ?' J'ai dit : 'Nulle part. Je veux rester ici.' Il n'a rien compris. Moi non plus d'ailleurs. Je cherchais simplement des couleurs sonores nouvelles. En 1884, j'ai quand même remporté le Prix de Rome avec ma cantate 'L'Enfant prodigue'. Le seul prix académique que j'aie jamais eu ! »
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L'Opéra-Comique - Le Triomphe de Pelléas
« L'Opéra-Comique, salle Favart. C'est ici, le 30 avril 1902, que mon unique opéra achevé, 'Pelléas et Mélisande', a été créé sous la direction d'André Messager. Dix ans de travail ! Dix ans depuis ce soir de mai 1893 où j'ai assisté à la pièce de Maeterlinck et su immédiatement que c'était mon texte, mon opéra. Mais quelle bataille ! D'abord convaincre Maeterlinck de me céder les droits - il voulait que son ami Fauré compose la musique. Puis le brouiller définitivement en imposant Mary Garden dans le rôle de Mélisande plutôt que sa maîtresse Georgette Leblanc. À la générale, Maeterlinck a publié un article violent souhaitant 'que la chute soit prompte et retentissante'. Le public gloussait comme aux Folies-Bergère. Les critiques m'accusaient de trahir Wagner ou d'être trop wagnérien - selon leurs humeurs. Mais les vrais mélomanes ont compris. Vincent d'Indy, pourtant académicien, a défendu l'œuvre. Proust l'écoutait au Théâtrophone chaque soir où elle était donnée. Aujourd'hui, 'Pelléas' est reconnu comme un chef-d'œuvre. Mais en 1902, quelle tempête ! »
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Montmartre - Le Chat Noir et Ma Bohème
« Montmartre ! La butte sacrée, la colline des artistes, le quartier de ma jeunesse bohème. Ici se trouvait le légendaire cabaret du Chat Noir, fondé en 1881 par Rodolphe Salis. D'abord au 84 boulevard Rochechouart, puis ici, au 12 rue de Laval - aujourd'hui rue Victor-Massé. Le lieu n'existe plus, hélas. Il a fermé en 1897 après la mort de Salis. Mais quel endroit c'était ! Une taverne pseudo-Louis XIII avec un décor extravagant, un piano - interdit dans les débits de boisson à l'époque - et surtout une atmosphère électrique. Symbolistes, décadents, parnassiens, anarchistes, tous s'y retrouvaient. Verlaine déclamait ses poèmes. Mallarmé discutait avec Maupassant. Toulouse-Lautrec croquait la faune nocturne. Erik Satie et moi y avons joué du piano, battu la mesure avec des cuillers. J'avais vingt ans, je cherchais ma voie. Le Chat Noir m'a libéré du carcan académique du Conservatoire. Ici, tout était permis. L'expérimentation, la provocation, le mélange des genres. »
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Le Cimetière de Passy - Mon Repos Éternel
« Le cimetière de Passy, dans le 16e arrondissement, face à la tour Eiffel. C'est ici que je repose depuis le 28 mars 1918, trois jours après ma mort. J'avais d'abord été inhumé au Père-Lachaise, mais Emma m'a fait transférer ici. Un petit cimetière paisible, verdoyant, loin du tumulte de Paris. Édouard Manet y repose aussi. Gabriel Fauré. Henri Farman, le pionnier de l'aviation. Des écrivains, des artistes, des hommes politiques. Sur ma tombe, une stèle simple : 'Claude Debussy, Musicien Français'. C'est tout. Pas de grandiloquence. Ma fille Chouchou, morte un an après moi en 1919, repose à mes côtés. Elle n'avait que 14 ans. C'est pour elle que j'ai composé 'Children's Corner' : 'Doctor Gradus ad Parnassum', 'Jimbo's Lullaby', 'The Snow is Dancing', 'Golliwogg's Cakewalk'... Des miniatures tendres qui parodient les exercices académiques et célèbrent l'enfance. Emma nous a rejoints des années plus tard. Nous sommes réunis pour l'éternité. Merci de me rendre visite. J'aime la compagnie. »
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Square de l'Avenue Foch - Mon Dernier Refuge
« Le square de l'avenue Foch, une voie privée au numéro 80 de cette avenue prestigieuse. En 1905, au sommet de ma carrière après le succès de 'Pelléas', j'ai emménagé ici avec Emma Bardac, ma seconde femme. Quelle ascension depuis la boutique de faïence de mes parents ! (que vous pouvez découvrir dans mon parcours à Saint Germain en Laye) L'avenue du Bois de Boulogne - rebaptisée avenue Foch en 1929 après ma mort en hommage au maréchal - était la plus élégante artère de Paris. Large de 120 mètres avec ses jardins, c'était l'adresse du Tout-Paris aristocratique et fortuné. J'avais mon bureau au premier étage, avec vue sur le jardin. Mon piano Bechstein trônait dans le salon. J'y ai composé 'La Mer', 'Images', mes 'Préludes'... Je collectionnais les estampes japonaises - Hokusai, Hiroshige. J'aimais les objets rares, les bibelots précieux, le luxe discret. Emma était une femme cultivée, chanteuse. Notre fille Claude-Emma, que j'appelais Chouchou, est née en 1905. Je l'adorais. Mais en 1915, j'ai découvert que j'étais malade. La douleur. Les opérations. Le 25 mars 1918, pendant que Paris était bombardé, je suis mort ici. »
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