ParcoursSuriname, carrefour du monde
Suriname, carrefour du monde

Suriname, carrefour du monde

Colonisationle minusculele doubleBiodiversitéréseauAmérique du Sud
Mode virtuel6 étapes

Entre forêts vierges et cultures mêlées, le Suriname est un pays fascinant dont l'histoire surprend à chaque étape. Partez à la découverte du plus petit État continental d'Amérique du Sud.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Paramaribo, la ville entre deux mondes

    Paramaribo, capitale du Suriname, est l'une des rares villes au monde inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO grâce à son architecture coloniale néerlandaise en bois. Ses maisons blanches aux volets verts bordent des canaux rappelant Amsterdam, mais les temples hindous, les mosquées et les synagogues se côtoient à quelques mètres les uns des autres. Cette coexistence religieuse paisible est l'un des symboles vivants du métissage surinamais. Fondée au XVIIe siècle, la ville a été échangée entre Anglais et Néerlandais avant de devenir définitivement néerlandaise en 1667. Aujourd'hui, le centre historique ressemble à nulle autre capitale en Amérique du Sud.

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    Les Marrons, héros de la résistance

    Au XVIIe et XVIIIe siècles, des milliers d'esclaves africains déportés dans les plantations surinamaises se sont évadés dans la forêt amazonienne pour fonder des communautés libres. Ces hommes et ces femmes, appelés Marrons, ont repoussé durant des décennies les expéditions militaires néerlandaises envoyées pour les capturer. Leur résistance fut si efficace que les Pays-Bas durent signer des traités de paix officiels avec eux dès 1760 — reconnaissant ainsi leur liberté. Aujourd'hui, les descendants des Marrons forment plusieurs peuples distincts : les Saramaka, les Ndyuka, les Matawai, entre autres. Ils ont préservé des traditions, des langues et des formes d'art (sculptures, broderies) directement héritées de l'Afrique de l'Ouest.

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    La forêt, poumon du Suriname

    Le Suriname est l'un des pays les plus boisés de la planète : plus de 90 % de son territoire est couvert de forêt tropicale primaire. La Réserve naturelle centrale du Suriname, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2000, couvre à elle seule plus de 1,6 million d'hectares. Cette forêt abrite une biodiversité extraordinaire : jaguars, tapirs, singes hurleurs, grenouilles dendrobates aux couleurs vives, et des milliers d'espèces végétales encore peu connues des scientifiques. Le pays a longtemps bénéficié d'un faible taux de déforestation grâce à sa faible densité de population — environ 4 habitants au kilomètre carré. Cependant, l'exploitation aurifère artisanale et industrielle menace aujourd'hui certaines zones de cette forêt millénaire.

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    Le Suriname, carrefour des religions

    Le Suriname est souvent cité comme un modèle unique de coexistence religieuse : hindouisme, islam, christianisme, judaïsme et croyances animistes africaines y cohabitent sans tension majeure depuis des siècles. Cette diversité vient directement de son histoire coloniale : les Néerlandais ont importé des travailleurs sous contrat depuis l'Inde et Java après l'abolition de l'esclavage en 1863, enrichissant encore un tissu social déjà complexe. Paramaribo possède l'une des seules synagogues au monde voisinant immédiatement une mosquée, séparées par à peine quelques mètres. La communauté juive séfarade du Suriname est l'une des plus anciennes d'Amérique : elle remonte au XVIIe siècle, lorsque des Juifs expulsés du Brésil portugais trouvèrent refuge sous la tolérance néerlandaise. Cette communauté a même fondé Jodensavanne, un village agricole juif dans la forêt, aujourd'hui site archéologique.

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    Indépendance et coup d'État

    Le Suriname accède à l'indépendance des Pays-Bas le 25 novembre 1975, dans un contexte de débat national houleux : une partie de la population préférait rester dans le Royaume des Pays-Bas, craignant l'instabilité économique. Si bien qu'avant l'indépendance, environ 40 000 Surinamais ont émigré aux Pays-Bas pour conserver la nationalité néerlandaise — un exode massif pour un pays de 400 000 habitants. Mais la démocratie nouvellement née est fragile : en 1980, un coup d'État militaire mené par Dési Bouterse renverse le gouvernement élu. Bouterse gouvernera le pays sous diverses formes pendant une grande partie des années 1980 et 1990, laissant derrière lui une période sombre marquée par les 'Moïse et les massacres de décembre' en 1982, où 15 opposants sont exécutés. Par un retournement historique stupéfiant, Bouterse sera élu président du Suriname démocratiquement en 2010, puis réélu en 2015.

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    L'or, l'eau et les défis du futur

    Le Suriname possède d'importantes ressources naturelles : bauxite, or, pétrole et forêt tropicale. L'or représente aujourd'hui la première source d'exportation du pays, mais l'exploitation aurifère artisanale — souvent illégale — déverse des tonnes de mercure dans les fleuves, empoisonnant les communautés Marrons et amérindiennes qui vivent de la pêche. Le barrage de Brokopondo, construit dans les années 1960 pour alimenter en électricité les usines d'aluminium, a noyé une superficie équivalente à celle de Los Angeles, déplaçant des milliers de Marrons Saramaka sans consultation préalable. Ce lac artificiel, le lac Brokopondo, est aujourd'hui l'un des plus grands d'Amérique du Sud. Le Suriname se retrouve ainsi à l'intersection de deux logiques antagonistes : préserver une forêt primaire irremplaçable ou exploiter des ressources dont sa population a besoin pour sortir de la pauvreté.

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En quelle année le Suriname a-t-il proclamé son indépendance des Pays-Bas ?

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