Baïkonour, la porte des étoiles
Dans la steppe du Kazakhstan, un site que personne ne devait trouver a envoyé dans l'espace le premier objet, puis le premier homme. En quatre étapes, vous suivez le chemin de Spoutnik et de Gagarine.
Carte du parcours
Étapes du parcours
- 1
Le nom qui trompait tout le monde
En 1955, l'URSS est le plus vaste pays du monde, et elle cherche un endroit où faire décoller des fusées sans témoin. Elle choisit la steppe du Kazakhstan, un désert d'herbe rase. Le chantier s'installe près d'un petit arrêt de train, au milieu de nulle part. Sur les cartes officielles, pourtant, le centre spatial porte un autre nom : Baïkonour, une bourgade minière située à plus de 300 kilomètres de là. La ruse est voulue. Ce faux nom est là pour envoyer les services de renseignement occidentaux au mauvais endroit. Elle arrive trop tard : un avion espion américain a photographié le vrai site dès 1957. Le faux nom est resté. Aujourd'hui encore, c'est lui que le monde entier donne au cosmodrome.
- 2
La boule qui faisait bip
Cinquante-huit centimètres et quatre antennes : le 4 octobre 1957, une fusée décolle de la steppe et lâche en orbite une boule d'aluminium poli. Elle s'appelle Spoutnik, et boucle un tour de la Terre en 96 minutes. Spoutnik ne fait qu'une chose : il émet un bip que n'importe qui peut capter avec un poste ordinaire. Pendant vingt-deux jours, des milliers de gens l'écoutent passer au-dessus de leur tête. Aux États-Unis, on comprend vite : la fusée capable de mettre une bille en orbite peut aussi poser une bombe n'importe où. La course à l'espace commence. Devenu muet, Spoutnik tourne encore plus de deux mois. Il fait environ 1 400 fois le tour de la Terre, puis se consume en rentrant dans l'atmosphère, en janvier 1958.
- 3
Un tour de la Terre
1961 : Kennedy entre à la Maison-Blanche, et Berlin va se couper en deux. À Baïkonour, le 12 avril, Youri Gagarine s'installe dans une sphère de métal d'un peu plus de deux mètres, posée au sommet d'une fusée. Il a vingt-sept ans. Personne ne sait encore comment un corps humain supporte l'apesanteur. Par précaution, les commandes du vaisseau sont verrouillées par un code, glissé dans une enveloppe scellée, au cas où le pilote perdrait la raison là-haut. Au moment du décollage, il lance : « Poyekhali ! », c'est-à-dire « allons-y ! ». 108 minutes plus tard, il a fait le tour complet de la Terre, et il retrouve le sol, sain et sauf.
- 4
L'arrêt du bus
Le Kazakhstan, 2050, une roue de bus : voici le Baïkonour d'aujourd'hui. L'URSS disparaît en 1991, et le cosmodrome se retrouve en territoire kazakh. Depuis, la Russie loue le site à son voisin, avec la ville qui l'entoure, jusqu'en 2050. Les fusées Soyouz y décollent toujours vers la Station spatiale internationale. Chaque équipage passe à Baïkonour ses derniers jours sur Terre, puis prend le bus jusqu'au pas de tir, comme Gagarine avant lui. En chemin, en 1961, Gagarine aurait demandé au chauffeur de s'arrêter pour se soulager contre une roue. Depuis, le bus fait halte au même endroit, pour que l'équipage urine sur la roue arrière droite. Même les astronautes américains s'y plient.
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En quelle année Youri Gagarine devient-il le premier homme à voler dans l'espace depuis Baïkonour ?
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