Corée du Nord : l'énigme du monde
Plongez dans l'État le plus secret de la planète. De sa fondation à ses paradoxes fascinants, découvrez ce que l'on sait vraiment.
Carte du parcours
Étapes du parcours
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Fondation de la RPDC, 1948
Le 9 septembre 1948, Kim Il-sung proclame la République populaire démocratique de Corée depuis Pyongyang, avec le soutien de l'Union soviétique. La péninsule coréenne vient d'être coupée en deux le long du 38e parallèle, une ligne tracée en quelques heures par deux officiers américains en août 1945 sur une carte de National Geographic. Kim Il-sung, ancien partisan anti-japonais formé en URSS, devient le « Grand Leader » d'un État qui se veut souverain et révolutionnaire. Cette fondation marque le début d'une des dynasties politiques les plus durables du XXe siècle, toujours en place aujourd'hui.
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La guerre de Corée, 1950-1953
Le 25 juin 1950, les troupes nord-coréennes franchissent le 38e parallèle et envahissent le Sud, déclenchant une guerre qui durera trois ans et fera entre 2,5 et 5 millions de morts. Les Nations Unies, menées par les États-Unis, interviennent aux côtés du Sud, tandis que la Chine entre dans le conflit pour soutenir le Nord. La guerre se termine en 1953 par un armistice, non par un traité de paix : techniquement, les deux Corées sont encore en guerre aujourd'hui. Pyongyang est rasée à 75 % par les bombardements américains, un traumatisme fondateur que le régime nord-coréen utilise toujours pour justifier son isolement et son arsenal militaire.
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Le Juche, une idéologie sur mesure
Dans les années 1950-1970, Kim Il-sung développe le Juche, une idéologie d'État qui devient la colonne vertébrale philosophique du régime nord-coréen. Le Juche prône l'autosuffisance absolue de la nation, l'indépendance politique, économique et militaire, et place l'homme comme maître de son propre destin collectif. En pratique, cette idéologie justifie l'isolement du pays, le rejet des aides extérieures et la concentration de tous les pouvoirs autour du Leader. Le Juche est si central au régime qu'il a son propre calendrier : l'année 1912 (naissance de Kim Il-sung) est l'an 1 de l'ère Juche. Ainsi, 2024 correspond à l'an 113 du calendrier nord-coréen.
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La grande famine des années 1990
Entre 1994 et 1998, la Corée du Nord traverse une famine catastrophique connue sous le nom de « Marche difficile » (Arduous March), qui fait entre 240 000 et 3,5 millions de morts selon les estimations. L'effondrement de l'URSS prive le pays de ses subventions essentielles, tandis que des inondations et sécheresses successives détruisent les récoltes. Le régime, refusant d'admettre l'ampleur du désastre, distribue les maigres ressources en priorité à l'armée et à la capitale, laissant les régions rurales à leur sort. Cette période traumatique marque un tournant : des marchés informels et une économie souterraine émergent, fragilisant pour la première fois le contrôle absolu de l'État sur la vie quotidienne.
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Pyongyang, ville-décor
Pyongyang est une capitale unique au monde : conçue et reconstruite après la guerre de Corée comme une vitrine idéologique, elle ne ressemble à aucune autre ville. Large avenues vides, immeubles de couleurs pastel, métro décoré de mosaïques socialistes, arcs de triomphe et statues géantes de Kim Il-sung et Kim Jong-il composent un paysage urbain qui semble sorti d'un film de science-fiction. Seuls les citoyens considérés comme loyaux au régime ont le droit d'habiter à Pyongyang, faisant de la ville une sélection permanente des « meilleurs » Nord-Coréens. Les visiteurs étrangers, peu nombreux, suivent des circuits strictement contrôlés et ne voient qu'une version soigneusement chorégraphiée de la vie nord-coréenne.
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Le programme nucléaire nord-coréen
En octobre 2006, la Corée du Nord fait exploser sa première bombe atomique dans le nord-est du pays, entrant dans le club très fermé des puissances nucléaires. Depuis, le pays a réalisé six essais nucléaires et développé des missiles balistiques capables, selon ses déclarations, d'atteindre le territoire américain. Le programme nucléaire est la pièce centrale de la doctrine militaire du Songun (« l'armée d'abord »), qui place la défense militaire avant toute autre priorité nationale, y compris la nourriture de la population. Paradoxalement, la bombe atomique est aussi l'assurance-vie du régime : il suffit de regarder les sorts de Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, qui avaient renoncé à leurs programmes d'armes, pour comprendre la logique nord-coréenne.
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La vie ordinaire en Corée du Nord
Au-delà des missiles et des défilés, 26 millions de personnes vivent en Corée du Nord avec leurs amours, leurs rêves et leurs petits bonheurs quotidiens. Les témoignages de transfuges décrivent une société où l'on regarde en secret des dramas coréens du Sud sur des clés USB, où l'on écoute de la K-pop en cachette et où les marchés informels bourdonnent de vie. Le contrôle de l'information est total en théorie : la radio d'État est la seule autorisée, les postes ne peuvent être réglés que sur les fréquences officielles, et Internet n'existe pas pour le grand public. Pourtant, les téléphones mobiles se sont multipliés depuis 2010 et un réseau intranet national (le Kwangmyong) offre un semblant de vie numérique, entièrement surveillé.
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