Sainte-Lucie, île des deux saisons
Entre volcans, créole et prix Nobel, Sainte-Lucie cache bien ses trésors. Partez à la découverte d'une île des Caraïbes aussi belle qu'inattendue.
Carte du parcours
Étapes du parcours
- 1
Les Pitons, sentinelles de l'île
Au sud-ouest de Sainte-Lucie se dressent les Pitons, deux cônes volcaniques presque parfaits qui plongent directement dans la mer des Caraïbes. Le Gros Piton culmine à 771 mètres et le Petit Piton à 743 mètres, formant l'un des paysages les plus spectaculaires de toute la région. Classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2004, ils font partie de la zone de gestion des Pitons, riche en récifs coralliens, forêts tropicales et sources hydrothermales. Ces montagnes ne sont pas seulement belles : elles sont le symbole national de Sainte-Lucie, présentes sur le drapeau de l'île.
- 2
Quatorze fois conquise
Sainte-Lucie détient un record peu ordinaire : elle a changé de mains quatorze fois entre la France et la Grande-Bretagne entre le XVIIe et le XIXe siècle, ce qui lui vaut le surnom d'"Hélène des Antilles". Les deux empires coloniaux se disputaient l'île pour sa position stratégique entre la Martinique française et la Barbade britannique. Chaque traité de paix européen redécoupait la carte des Caraïbes, et Sainte-Lucie passait d'un drapeau à l'autre parfois en quelques années. En 1814, le Traité de Paris la cède définitivement à la Grande-Bretagne, mais la culture française y reste profondément ancrée dans la langue, la cuisine et les noms de lieux.
- 3
Derek Walcott, poète de l'exil
Derek Walcott est né le 23 janvier 1930 à Castries, la capitale de Sainte-Lucie, dans une famille métisse d'héritage africain, néerlandais et anglais. Poète et dramaturge de langue anglaise, il consacre toute son œuvre à la question de l'identité caribéenne, tiraillée entre les héritages colonial et africain. Son chef-d'œuvre, "Omeros" (1990), est une épopée moderne qui réinterprète l'Iliade et l'Odyssée d'Homère depuis les rivages de Sainte-Lucie. En 1992, il reçoit le prix Nobel de littérature, devenant le premier Caribéen à accéder à cette distinction suprême. Il est décédé à Sainte-Lucie le 17 mars 2017, après avoir enseigné dans les plus grandes universités du monde tout en restant profondément attaché à son île natale.
- 4
W. Arthur Lewis, prix Nobel d'économie
Sainte-Lucie est l'une des rares nations au monde à avoir donné naissance à deux lauréats du prix Nobel : après Derek Walcott en littérature, c'est William Arthur Lewis qui a décroché le Nobel d'économie en 1979. Né à Castries en 1915, Lewis est considéré comme le père de l'économie du développement, la discipline qui tente de comprendre pourquoi certains pays restent pauvres pendant que d'autres s'enrichissent. Son modèle à double secteur (1954), dit "modèle de Lewis", explique comment les pays en développement peuvent croître en transférant les travailleurs d'une agriculture peu productive vers une industrie plus efficace. Il a enseigné à Manchester, à Princeton et à la London School of Economics, devenant l'un des économistes les plus influents du XXe siècle. Son portrait figure sur le billet de 100 dollars des Caraïbes orientales.
- 5
La langue créole, âme de l'île
À Sainte-Lucie, l'anglais est la langue officielle, mais le créole antillais à base française reste la langue du cœur, parlée par la quasi-totalité de la population dans la vie quotidienne. Ce créole, appelé localement "Kwéyòl" ou "patois", est directement issu du français colonial mêlé aux langues africaines apportées par les esclaves, au vocabulaire des peuples Arawak et Caraïbe et aux influences britanniques. Il ne s'agit pas d'un français approximatif : le Kwéyòl est une langue à part entière, avec ses propres règles grammaticales, son système de temps et une littérature orale très riche. Chaque année en octobre, la Journée Kwéyòl est célébrée avec des festivals de musique, de gastronomie et de contes, rappelant que cette langue est une fierté nationale et non un vestige colonial.
- 6
La forêt de Quilesse et ses perroquets
Au cœur de Sainte-Lucie s'étend la forêt tropicale de Quilesse, partie du Parc national de Sainte-Lucie, un sanctuaire de biodiversité rare dans les petites îles des Caraïbes. C'est là que vit le Perroquet de Sainte-Lucie (Amazona versicolor), oiseau endémique de l'île et animal national officiel, reconnaissable à ses plumes éclatantes bleu-turquoise, vert et rouge. Au début des années 1970, la population de ces perroquets était tombée à moins de 150 individus, menacée par la chasse et la déforestation. Grâce à un programme de conservation exemplaire lancé dans les années 1980, la population a rebondi à plus de 1 000 individus aujourd'hui, devenant un modèle mondial de sauvegarde faunique. Cet oiseau figure sur les billets et les armoiries du pays, symbole de résilience autant que de beauté.
- 7
Indépendance 1979 : une île souveraine
Le 22 février 1979, Sainte-Lucie accède à l'indépendance après 165 ans de domination britannique, devenant un État souverain membre du Commonwealth des Nations. Cette transition s'est faite pacifiquement, sans conflit armé, par une négociation politique entre le gouvernement saint-lucien et Londres. L'île adopte un drapeau unique : un triangle noir bordé de blanc et surmonté d'un triangle jaune, sur fond bleu, représentant les Pitons au-dessus de l'océan et symbolisant l'harmonie entre les races. Sainte-Lucie est depuis une démocratie parlementaire stable, dont le chef d'État reste le monarque britannique, représenté par un gouverneur général. Malgré sa superficie de seulement 616 km² et une population d'environ 180 000 habitants, l'île participe activement aux institutions internationales et a développé un secteur touristique qui représente plus de 60 % de son PIB.
Badge à gagner
Sainte-Lucie
Perle temporelle
En quelle année Sainte-Lucie a-t-elle obtenu son indépendance du Royaume-Uni ?
Réponse à découvrir dans l'application
Jouez ce parcours dans l'application
Télécharger Ker