ParcoursSchumpeter, l'homme qui aimait les tempêtes
Schumpeter, l'homme qui aimait les tempêtes

Schumpeter, l'homme qui aimait les tempêtes

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Mode virtuel7 étapes

Plongez dans la vie et les idées d'un économiste visionnaire qui a révolutionné notre façon de comprendre le capitalisme et l'innovation.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Triesch, Moravie, L'enfance d'un outsider

    Joseph Alois Schumpeter naît le 8 février 1883 à Triesch, une petite ville de Moravie alors rattachée à l'Empire austro-hongrois (aujourd'hui Třešť, en République tchèque). Son père meurt quand il a quatre ans, et sa mère, ambitieuse, se remarie avec un général autrichien qui lui ouvre les portes de l'aristocratie viennoise. Ce brassage social précoce, la bourgeoisie provinciale rencontrant les élites impériales, forge chez Schumpeter une curiosité insatiable pour les mécanismes du pouvoir et de la mobilité sociale. Dès l'adolescence au Theresianum, l'école d'élite de Vienne, il brille autant par son intelligence que par son arrogance assumée.

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    Vienne, La théorie de l'entrepreneur

    C'est à Vienne, en 1911, que le jeune Schumpeter publie sa *Théorie du développement économique*, une bombe intellectuelle dans le monde académique de l'époque. Il y forge le concept d'entrepreneur-innovateur : un individu qui ne se contente pas de gérer des ressources existantes, mais qui combine les facteurs de production d'une façon inédite pour créer quelque chose de radicalement nouveau. Pour Schumpeter, c'est cet entrepreneur, pas l'accumulation de capital ni le travail en soi, qui est le vrai moteur de l'histoire économique. Il a alors 28 ans. Vienne est au sommet de sa splendeur intellectuelle : Freud, Wittgenstein, Klimt, Schumpeter évolue dans un milieu bouillonnant de révolutions conceptuelles.

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    Vienne, 1919, Le ministre désastreux

    En 1919, dans le chaos de l'Autriche vaincue et démembrée, Schumpeter accepte le poste de ministre des Finances du tout jeune gouvernement républicain. L'expérience tourne au fiasco : il s'oppose à l'inflation comme outil politique, refuse les compromis nécessaires en temps de crise, et démissionne après moins de sept mois. Quelques années plus tard, il dirige une banque viennoise, la Biedermann Bank, qui fait faillite en 1924 lors d'une crise financière, le ruinant personnellement et le couvrant temporairement de dettes. La biographie intellectuelle la plus brillante peut coexister avec une maîtrise pratique très relative des affaires. Schumpeter lui-même acceptera cette ironie avec une autodérision lucide.

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    Bonn, 1925, La chaire retrouvée

    Après ses déboires autrichiens, Schumpeter rebondit à l'Université de Bonn où il enseigne l'économie de 1925 à 1932. C'est une période de reconstruction intellectuelle intense : il affine ses théories sur les cycles économiques et rédige ses analyses des dynamiques capitalistes. Bonn représente la stabilisation d'une carrière qui avait failli s'effondrer. Mais la montée du nazisme en Allemagne rend le contexte académique de plus en plus étouffant. En 1932, il accepte une invitation de l'Université Harvard, et traverse l'Atlantique pour ne plus jamais revenir s'installer en Europe. L'Amérique sera le théâtre de son apogée intellectuelle.

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    Harvard, La destruction créatrice

    C'est à Harvard que Schumpeter forge son concept le plus célèbre : la *destruction créatrice*. Publié dans *Capitalisme, socialisme et démocratie* (1942), ce concept décrit le moteur fondamental du capitalisme, un processus par lequel de nouvelles innovations détruisent en permanence les structures économiques existantes pour en créer de nouvelles. La locomotive détruit la diligence, l'automobile détruit la locomotive, internet détruit la presse papier. Pour Schumpeter, cette instabilité n'est pas un défaut du système capitaliste, elle est son essence même. Le terme vient initialement de Marx, mais Schumpeter en fait un outil analytique d'une puissance inégalée pour décrire l'innovation technologique.

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    Harvard, Les cycles longs de Kondratiev

    À Harvard, Schumpeter développe également sa théorie des cycles économiques dans son imposant ouvrage *Business Cycles* (1939). S'appuyant sur les travaux du statisticien soviétique Nikolaï Kondratiev, il identifie des vagues d'innovation longues d'environ 50 à 60 ans, les 'ondes Kondratiev', qui structurent le capitalisme en grandes périodes d'expansion puis de récession. Chaque vague est portée par une grappe d'innovations majeures : la machine à vapeur, le chemin de fer, l'électricité, l'automobile, et, prédirait-il aujourd'hui, l'informatique ou les énergies renouvelables. Pour Schumpeter, les crises économiques ne sont pas des accidents : elles sont le moment où le vieux monde meurt pour laisser naître le nouveau.

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    Taconic, 1950, L'héritage d'un visionnaire

    Joseph Schumpeter meurt le 8 janvier 1950 à Taconic, dans le Connecticut, d'une hémorragie cérébrale, à 66 ans. Il laisse inachevée son *Histoire de l'analyse économique*, une somme encyclopédique de 1200 pages publiée à titre posthume par sa troisième femme, l'économiste Elizabeth Boody. De son vivant, Schumpeter avait moins d'influence que son contemporain Keynes, dont les théories triomphaient dans la politique économique des Trente Glorieuses. Mais la revanche fut éclatante : depuis les années 1980, sa vision de l'innovation comme moteur du capitalisme s'est imposée dans les milieux académiques, managériaux et politiques du monde entier. Steve Jobs, Elon Musk, les théories de la croissance endogène, tous portent, consciemment ou non, l'empreinte de Schumpeter.

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En quelle année Schumpeter publie-t-il Capitalisme, socialisme et démocratie, où il développe le concept de destruction créatrice ?

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