ParcoursLes rizières en terrasses de Banaue
Les rizières en terrasses de Banaue

Les rizières en terrasses de Banaue

Peuple IfugaoBanaue
Mode virtuel4 étapes

Sculptées à flanc de montagne il y a plus de deux mille ans, les rizières de Banaue forment un escalier vert vertigineux. Un chef-d'œuvre agricole transmis sans écriture ni machine.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Le peuple Ifugao sculpte la montagne

    Depuis environ deux mille ans, le peuple Ifugao façonne les flancs escarpés de la Cordillère centrale de Luçon pour y cultiver du riz. Sans outils métalliques modernes ni bêtes de somme, les Ifugao ont creusé des terrasses soutenues par des murs de pierre ou de terre, suivant les courbes naturelles des montagnes. Si on les mettait bout à bout, les murets de ces terrasses s'étireraient sur plus de vingt mille kilomètres, soit presque la moitié de la circonférence de la Terre. Ce système ingénieux capte l'eau des sources en altitude et la fait redescendre de terrasse en terrasse par simple gravité. Les Ifugao n'ont jamais été conquis par les colonisateurs espagnols, contrairement à la majorité des Philippines, ce qui a permis à leurs traditions de perdurer.

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    Un système hydraulique d'une précision d'horloger

    L'eau des forêts d'altitude, préservées volontairement par les Ifugao au sommet des montagnes, alimente un réseau de canaux qui irrigue chaque terrasse par gravité. Ce système repose sur un équilibre écologique fragile : la forêt capte et stocke l'eau des pluies de mousson, qu'elle redistribue lentement toute l'année. Les rizières sont entretenues collectivement selon des règles coutumières précises, transmises oralement de génération en génération sans aucune écriture. Un conseil d'anciens, le monbaki, régule traditionnellement les conflits liés à l'eau et aux limites de parcelles. Ce savoir-faire agricole et social entièrement oral constitue l'un des aspects les plus remarquables du patrimoine Ifugao.

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    Le hudhud, chant du riz et des ancêtres

    Le peuple Ifugao a développé un genre de chant narratif appelé hudhud, entonné pendant les périodes clés de la riziculture, comme les récoltes ou les veillées funéraires. Ces chants épiques, qui peuvent durer plusieurs jours, racontent les exploits d'ancêtres héroïques et transmettent l'histoire orale du peuple Ifugao. Seules certaines femmes âgées maîtrisent encore l'intégralité de ce répertoire complexe, aujourd'hui menacé par la disparition progressive de ses interprètes. L'UNESCO a inscrit le hudhud sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité dès 2001, l'une des toutes premières distinctions de ce type. Cette reconnaissance a permis de financer des programmes de transmission auprès des jeunes générations Ifugao.

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    Un patrimoine menacé, un patrimoine défendu

    En 1995, les rizières en terrasses des Cordillères, dont celles de Banaue, sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. Mais l'exode rural pousse de nombreux jeunes Ifugao vers les villes, laissant certaines terrasses à l'abandon faute de main-d'œuvre pour l'entretien constant qu'elles exigent. En 2001, une partie du site fut même placée sur la liste du patrimoine mondial en péril, en raison de l'érosion et de terrasses laissées en friche. Des programmes locaux et internationaux tentent aujourd'hui de revitaliser la riziculture traditionnelle et d'attirer un tourisme responsable pour soutenir l'économie locale. Ces rizières restent un rappel puissant que certains paysages culturels ne survivent que si les communautés qui les ont créés continuent de les habiter et de les cultiver.

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En quelle année les rizières en terrasses des Cordillères sont-elles inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO ?

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