Bahamas : l'archipel des merveilles
700 îles, des siècles d'histoire et des eaux d'un bleu impossible. Partez à la découverte d'un archipel qui a changé le cours du monde.
Carte du parcours
Étapes du parcours
- 1
Les Lucayens, premiers habitants
Bien avant l'arrivée des Européens, les îles Bahamas étaient habitées par les Lucayens, un peuple de culture taïno venu des Grandes Antilles vers 500 après J.-C. Experts navigateurs, ils se déplaçaient entre les îles à bord de pirogues de bois sculpté et vivaient de pêche, de chasse et d'agriculture. Ils appelaient leur archipel « Lukku-Cairi », ce qui signifie « île des hommes ». À l'arrivée de Colomb en 1492, on estime leur population à environ 40 000 personnes. En moins de trente ans, la colonisation espagnole et les épidémies les auront presque entièrement décimés : une des disparitions de population les plus rapides de l'histoire.
- 2
Colomb débarque : 1492
Le 12 octobre 1492, après 70 jours de traversée de l'Atlantique, Christophe Colomb aperçoit une île qu'il prend d'abord pour le Japon. Il la nomme San Salvador et y plante la croix de Castille, croyant avoir atteint les Indes par l'ouest. Les habitants lucayens qui l'accueillent sont décrits dans son journal comme « très bien faits, beaux et doux ». Cet événement est considéré comme le premier contact officiel entre l'Europe et les Amériques, même si des explorateurs nordiques avaient précédé Colomb de plusieurs siècles. La question de l'île exacte reste débattue parmi les historiens : au moins six îles des Bahamas ont été candidates à ce titre de « premier sol américain ».
- 3
Nassau, capitale des pirates
Au début du XVIIIe siècle, Nassau, sur l'île de New Providence, est devenue la capitale mondiale de la piraterie. Entre 1713 et 1718, la ville abrite jusqu'à 2 000 pirates, dont les plus célèbres de l'histoire : Barbe Noire (Edward Teach), Anne Bonny, Calico Jack et Charles Vane. Les Bahamas étaient stratégiquement parfaites pour les flibustiers : leurs eaux peu profondes permettaient aux petits navires pirates de fuir les lourds galions militaires. En 1718, le gouverneur Woodes Rogers fut envoyé par la Couronne britannique pour mettre fin à cette « République des pirates », avec une devise restée célèbre : « Expulsis piratis, restituta commercia » (Les pirates chassés, le commerce rétabli). Cette devise figure encore aujourd'hui sur les armoiries des Bahamas.
- 4
L'esclavage et la diaspora africaine
À partir du XVIIe siècle, les plantations de coton des Bahamas furent développées grâce au travail forcé de milliers d'Africains réduits en esclavage. Après l'abolition de l'esclavage par l'Empire britannique en 1834, les Bahamas accueillirent également des milliers d'Africains rescapés de navires négriers interceptés par la marine britannique. Ces « Africains libérés » s'installèrent principalement sur les « Out Islands » (les îles extérieures) et formèrent des communautés qui ont profondément marqué la culture bahamienne. La musique Junkanoo, fête nationale et explosion de couleurs, de percussions et de costumes, plonge directement ses racines dans ces traditions africaines préservées malgré l'oppression. Aujourd'hui, environ 90 % de la population des Bahamas est d'ascendance africaine.
- 5
Le Grand Trou Bleu d'Andros
Au large des côtes d'Andros, la plus grande île des Bahamas, se trouve l'un des phénomènes naturels les plus spectaculaires de la planète : le Grand Trou Bleu, un gouffre sous-marin circulaire de 300 mètres de diamètre. Ces formations géologiques appelées « blue holes » se sont creusées pendant les périodes glaciaires, il y a plus de 15 000 ans, lorsque le niveau de la mer était bien plus bas et que ces zones étaient des grottes terrestres. Lorsque les glaces ont fondu et que la mer est montée, ces grottes se sont ennoyées, créant des puits d'eau sombre visibles depuis le ciel. Le célèbre explorateur Jacques-Yves Cousteau a plongé dans le Grand Trou Bleu de Belize dans les années 1970, popularisant ces formations à travers le monde. Les Bahamas possèdent la plus forte concentration de blue holes au monde, avec des centaines de formations recensées.
- 6
L'indépendance de 1973
Le 10 juillet 1973, les Bahamas accèdent à l'indépendance après plus de 300 ans de domination britannique, devenant la 32e nation indépendante du Commonwealth. La figure centrale de cette transition est Lynden Pindling, premier Premier ministre noir des Bahamas, surnommé « Le Père de la Nation ». Arrivé au pouvoir en 1967 après des élections historiques marquant la fin du pouvoir de l'oligarchie blanche locale, il avait méthodiquement préparé l'indépendance pendant six ans. Les Bahamas avaient la particularité d'accéder à l'indépendance sans passer par une guerre de libération : la négociation pacifique et démocratique fut le chemin choisi. Le pays conserva la reine d'Angleterre comme cheffe d'État symbolique jusqu'en septembre 2023, date à laquelle les Bahamas devinrent officiellement une république, élisant leur premier président.
- 7
Les flamants roses d'Inagua
Sur l'île d'Inagua, la plus méridionale des Bahamas, vit la plus grande colonie de flamants roses des Caraïbes : environ 80 000 individus. La National Audubon Society et le gouvernement bahamien ont créé en 1952 le Parc national d'Inagua pour protéger cette population, autrefois au bord de l'extinction à cause de la chasse intensive menée au XIXe siècle pour alimenter la mode des plumes de chapeau en Europe. Le flamant rose est aujourd'hui l'oiseau national des Bahamas, symbole de renaissance écologique. Inagua héberge aussi l'une des plus grandes salines du monde, gérée par la Morton Salt Company : c'est cette industrie du sel qui, paradoxalement, a créé les conditions idéales pour les flamants roses, grands amateurs d'eaux saumâtres. Le sel et les flamants font bon ménage depuis plus d'un siècle dans ce coin reculé de l'archipel.
Badge à gagner
Bahamas
Perle temporelle
En quelle année les Bahamas ont-ils obtenu leur indépendance du Royaume-Uni ?
Réponse à découvrir dans l'application
Jouez ce parcours dans l'application
Télécharger Ker