ParcoursAlice Milliat, des Jeux pour toutes
Alice Milliat, des Jeux pour toutes

Alice Milliat, des Jeux pour toutes

Femmes d'histoireJeux olympiques
Mode virtuel7 étapes

Née à Nantes en 1884, elle a créé ses propres Jeux pour obliger le Comité international olympique à ouvrir ses stades aux athlètes femmes. Sept étapes sur le bras de fer le plus décisif de l'histoire du sport.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Nantes, 1884 : Alice Million

    Alice Joséphine Marie Million naît le 5 mai 1884 à Nantes, dans une famille modeste. Elle étudie, apprend les langues et devient préceptrice, un métier qui la conduit de l'autre côté de la Manche. En 1904, à vingt ans, elle épouse à Londres un négociant nantais, Joseph Milliat, qui meurt quatre ans plus tard. Veuve à vingt-quatre ans et sans enfant, elle s'installe à Paris et gagne sa vie comme secrétaire bilingue et traductrice, un métier qu'elle exercera jusqu'à la fin. C'est en Angleterre qu'elle a découvert l'aviron, un sport que les Françaises de son époque ne sont pas censées pratiquer.

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    Fémina Sport et la fédération

    En 1912, deux professeurs d'éducation physique fondent à Paris le club Fémina Sport, l'un des tout premiers clubs omnisports féminins de France. Alice Milliat y rame, y nage, y joue au hockey, et en prend la présidence en 1915. En 1917, elle participe à la création de la Fédération des sociétés féminines sportives de France, dont elle est d'abord trésorière, puis secrétaire générale en 1918. Le 10 mars 1919, elle en devient présidente : elle a désormais une organisation nationale derrière elle. Sous sa direction, le mouvement grandit vite, jusqu'à regrouper plus de quatre cents clubs au milieu des années 1930.

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    Le refus de Coubertin

    En 1919, forte de sa fédération, Alice Milliat demande officiellement l'inscription d'épreuves d'athlétisme féminin au programme des Jeux olympiques d'Anvers de 1920. La réponse du Comité international olympique, présidé par Pierre de Coubertin, est un refus net. Les femmes ne sont pourtant pas absentes des Jeux : elles y sont tolérées depuis 1900 dans quelques disciplines jugées convenables, comme le tennis, le golf ou la natation. À Anvers, en 1920, on compte soixante-cinq femmes pour deux mille cinq cent soixante et un hommes, et aucune ne court. Alice Milliat renouvelle sa demande en vue des Jeux de Paris de 1924 et se heurte au même mur.

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    Stade Pershing, 20 août 1922

    Puisque les Jeux lui sont fermés, Alice Milliat organise les siens. Le 20 août 1922, au stade Pershing, dans le bois de Vincennes, s'ouvrent les premiers Jeux olympiques féminins : le nom est choisi pour provoquer. Tout tient en une seule journée, avec soixante-dix-sept athlètes venues de cinq nations (la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Suisse et la Tchécoslovaquie) pour onze épreuves. Vingt mille spectateurs remplissent les gradins, et dix-huit records du monde tombent en quelques heures. La Britannique Mary Lines rafle plusieurs titres, la Française Lucie Bréard s'impose sur mille mètres, l'Américaine Camille Sabie domine les sauts.

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    La FSFI conquiert le monde

    Le 31 octobre 1921, à Paris, Alice Milliat fonde la Fédération sportive féminine internationale, la FSFI. En quelques années, elle rassemble une trentaine de nations, du Canada à la Nouvelle-Zélande. Dès 1926, le patron de la fédération internationale d'athlétisme, le Suédois Sigfrid Edström, exige qu'elle renonce au mot « olympique » : la compétition devient les Jeux mondiaux féminins. Elle accepte, et l'événement grandit malgré tout : Göteborg en 1926 avec neuf nations, Prague en 1930 avec dix-sept nations et près de trois cents athlètes, Londres en 1934 avec dix-neuf nations. En douze ans, une fédération sans moyens est devenue le rendez-vous mondial des athlètes femmes.

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    Amsterdam 1928, le 800 mètres

    En 1928, le Comité international olympique cède enfin : cinq épreuves d'athlétisme féminin figurent au programme des Jeux d'Amsterdam, le 100 mètres, le 800 mètres, le relais 4 fois 100 mètres, le saut en hauteur et le lancer du disque. Alice Milliat en réclamait dix, et les hommes, eux, en disputent vingt-deux. Le 2 août, l'Allemande Lina Radke remporte le 800 mètres en 2 minutes 16 secondes 8, un record du monde. Les journaux racontent aussitôt des coureuses effondrées, épuisées, au bord du malaise, et le récit fait le tour de la planète. Le CIO retire l'épreuve du programme : les femmes ne courront un 800 mètres olympique qu'en 1960, à Rome.

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    L'oubli, puis le retour

    Malade et critiquée pour avoir lancé une loterie destinée à financer un terrain d'entraînement, Alice Milliat se retire de la scène sportive en 1935. Après 1936, privée de subventions, la Fédération sportive féminine internationale cesse ses activités, et la fédération internationale d'athlétisme récupère le sport féminin qu'elle avait combattu. Alice Milliat meurt le 19 mai 1957 à Paris, à soixante-treize ans, veuve, sans enfant et sans le moindre hommage du mouvement sportif. Il faudra attendre le XXIe siècle, et le travail d'historiennes et d'historiens, pour la sortir de l'oubli. Une statue lui est élevée au siège du Comité national olympique et sportif français le 8 mars 2021, un timbre lui est consacré en 2024, une esplanade porte son nom devant l'Adidas Arena à Paris, et à Nantes une résidence universitaire, la maison des sports et une école élémentaire lui sont dédiées.

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En quelle année Alice Milliat organisa-t-elle les premiers Jeux mondiaux féminins ?

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